Le régime acide/basique
Le rendez-vous avec Doctor Gorgeous

Très en vogue au milieu des années 2000, on entend moins parler de lui, sauf chaque année, à l’orée du printemps, quand il est accaparé par la vague « Quête du corps parfait pour l’été » dans les magazines… Ce qui est dommage, car la perte de poids (pas spectaculaire d’ailleurs) n’est qu’un des bénéfices collatéraux du régime acide/basique (ou plutôt de la méthode acide/basique devrait-on dire).

La théorie de l’acidification de l’organisme (car c’est une théorie, avec ses adeptes et ses détracteurs) remonte au XIXème siècle, et repose sur un postulat simple : les changements civilisationnels et alimentaires ont « acidifié » nos organismes au cours du temps, c’est-à-dire que nos cellules reçoivent désormais beaucoup d’attaques « acides », qui ont tendance à vouloir faire baisser le pH du sang (plus un potentiel Hydrogène, ou pH, baisse, plus il devient acide, souvenez-vous de vos cours de chimie du lycée !). Celui-ci bien sûr se maintient à 7,4 (la nature est bien faite, heureusement !), mais au prix de déclenchements de systèmes lourds de neutralisation des acides, qui permettent de rétablir en permanence l’équilibre acido-basique sanguin (le contraire « d’acide », c’est « base »).
Le corps va ainsi faire appel à ses réserves en bases afin de neutraliser les acides (en utilisant, par exemple, le calcium des os). Mais si le déséquilibre est trop important et chronique, et qu’il nécessite une armada perpétuelle pour lutter contre, on voit apparaître une fatigue, une prise de poids, une élimination paresseuse, des douleurs musculaires et articulaires : de manière générale, l’acidification de l’organisme va entraîner un vieillissement prématuré voire même une déminéralisation progressive…

Pour éviter cette escalade, les partisans de la méthode acide/basique pensent qu’il faut traiter le problème en amont et limiter au maximum les attaques acides afin que l’organisme fasse autre chose que de se fatiguer pour rétablir l’équilibre (en gros que l’organisme remplisse mieux ses autres fonctions plutôt que de s’épuiser à maintenir le pH du sang).
Afin de lui faciliter la tâche, on peut faire davantage de sport (mais attention, à haute dose, le sport est acidifiant !), diminuer son stress (et le taux de l’hormone acidifiante par excellence, le cortisol), et retrouver une alimentation saine… bref, se remettre dans la peau de nos ancêtres chasseurs-cueilleurs du début de l’humanité, des modèles de vie saine.

Je vous laisse vous remettre au sport (nous en parlons assez régulièrement), je vous laisse également gérer votre stress au quotidien (nous parlerons prochainement de certaines méthodes), et voyons plutôt ensemble aujourd’hui comment diminuer l’hyperacidité permanente de notre organisme grâce à notre alimentation.

Neutraliser les attaques acides est à portée de fourchette : il suffit de faire la part belle aux alcalins (l’autre nom pour bases ou basiques) ! Pas question de supprimer des aliments, même très acidifiants.
En effet, chaque aliment recèle de trésors de nutriments, de vitamines et de minéraux, dont ne nous pouvons nous passer. Il s’agit plutôt d’équilibrer, de « tamponner », et de faire en sorte que les aliments alcalins soient majoritaires dans votre assiette (70%) par rapport aux aliments acides (30%). On compense systématiquement l’acidité d’un aliment en mangeant en même temps des aliments basiques qui « épongent » cette acidité. C’est une question de dosage finalement.

Une petite classification s’impose afin d’y voir plus clair…
Le paradoxe est de mise : certains aliments excellents pour la santé sont… acides ! Par exemple, les poissons gras (saumon, thon …), riches en oméga 3 (fonctionnement du cerveau, protection cellulaire) et pleins de bonnes protéines (indispensables aux muscles), sont très acidifiants. A l’inverse, le citron, au goût acide, est… alcalin !
Je vous livre ici une liste non exhaustive d’aliments acides et basiques (elle vous sera utile pour appliquer la méthode du « tamponnage ») :
Acides : parmesan et fromages en général, jaune d’œuf, crevettes, moules, sardines, riz brun, flocons d’avoine, truite, saumon, cabillaud, cacahuètes, pistaches, noix, dinde, poulet, veau, bœuf, pâtes, corn-flakes, pain et farine blancs, pain et farine complets, chocolat au lait, riz blanc, gâteaux, lentilles, petits pois, yaourt, glace, beurre.
Basiques : Figue sèche, raisin sec, épinards, fenouil, roquette, céleri, carotte, cassis, banane, courgette, chou-fleur, chou de Bruxelles, pomme de terre, haricots verts, radis, soja, tomate, aubergine, abricot, kiwi, pamplemousse, raisin, mangue, cerises, orange, fraises, noisettes, pomme, poire, pêche, jus de carotte et d’orange, jus de tomate et de citron, vin rouge, ail, confiture, sucre brun, miel, café, vin blanc sec, champignons, thés noir et vert, chocolat noir.

Ainsi, pensez à manger vos pâtes avec une sauce maison légère aux légumes, accompagnez votre entrecôte d’une portion de fenouil et pourquoi pas une salade de roquette avec du fromage et des grains de raisin ? Vous voyez, rien de bien contraignant !
Le jus de citron tiède le matin, dont on a déjà parlé (voir notre article sur la détox) assure une alcalinisation de votre organisme dès le début de la journée. Mais inutile d’enchaîner avec d’autres fruits en pensant faire le plein de substances « basiques » et être ainsi paré pour toute la journée… Les alcalins ne se cumulent pas et dès lors que l’équilibre est rétabli, vous évacuez le surplus (urine)… en attendant la prochaine attaque acide, qu’il faudra alors « tamponner ». Pensez aux eaux fortement minéralisées (HEPAR, SAINT ANTONIN…) : ce sont de fidèles alliées dans cet équilibrage.

L’organisme rééquilibre tout seul le pH sanguin. On peut le laisser faire, il a l’habitude, selon les détracteurs de la méthode acide/basique. Cette balance incessante le fatigue cependant et occasionne à la longue de la fatigue, une surcharge pondérale et divers petit maux… Rien de grave mais comme ce n’est pas très difficile de lui alléger la tâche, pourquoi ne pas le faire ?
Je compte sur vous ?

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