Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse
Art contemporain chez Guerlain à l'occasion de la FIAC
Forecast II, 2010, Jennifer Allora et Guillermo Calzadilla
Bambi, 2006, Carsten Höller
Regardez-moi !, 1962, Malick Sidibé
Cruiser, 2005, vidéo, Xavier Veilhan
Trompo en movimiento, 2005, Dario Escobar
Burning Souls, 1980, Gilbert & George et Kate Moss at El Marocco Party, 2010, Katherine Bernhardt
Contemplation irrationnelle, 2004, Philippe Ramette et Untitled (Nr 020), 2005, Erik Van Lieshout

Ce vers d’Alfred de Musset est le fil conducteur de l’exposition organisée par Guerlain dans le cadre du parcours privé de la Fiac, sous le commissariat de Caroline Messensee, à qui l’on doit la très sensuelle exposition Klimt Erotique au Musée Maillol en 2005. Les oeuvres explorent l’ivresse des sens. A chacun de les interpréter.
Il nous sera ainsi donné à voir les clichés si diablement festifs de Malick Sidibé, du duo d’artistes londoniens (donc forcément décalés) Gilbert & George, de Jennifer Allora et Guillermo Calzadilla photographiant l’éphémère avec poésie, mais aussi les œuvres de sculpteurs tels qu’El Anatsui – le magnifique – transformant en langage féérique le recyclage et le détournement d’objets de consommation, Carsten Höller avec son étrange Bambi composé d’ampoules bicolores visant à fausser notre perception, le dessin plein d’humour d’Erik Van Lieshout ou encore un feu d’artifice jaillissant littéralement de la toile de Bruno Perramant.
En bref, une quinzaine d’artistes pour nous faire chavirer jusqu’à l’ivresse totale.

Du 19 au octobre au 14 novembre au 68 Champs Elysées.

Week-end à Budapest
A la découverte de la perle du Danube

Buda d’un côté, Pest de l’autre et le Danube entre les deux. La géographie de la ville est assez simple. Le point commun des différents quartiers : des trésors d’architecture à gogo. Très chargé, très varié. Accumulation de styles au fil des époques. Impressionnant. La majeure partie des façades classées est dans un état impeccable.
Des ponts et des lions. Beaucoup de lions ! Et puis les incontournables bains Gellert (Budapest est une vile thermale depuis l’antiquité) : on n’y retournerait pas tous les jours, mais c’est à faire pour la déco.
Coup de coeur pour le restaurant Babel : une cuisine contemporaine sophistiquée, un service irréprochable et un cadre très chic. Vous pouvez piocher à la carte ou choisir entre trois menus enchaînant chacun trois entrées, plat et dessert : international, hongrois et végétarien, avec en option un verre de vin spécialement choisi pour chaque plat. Il ferme très bientôt pour réouvrir à une autre adresse en beaucoup plus grand, avec un bar et une discothèque. Une bonne raison d’y retourner !

Pour les beaux yeux d’Ursula
La BD autrement, par Fred Bernard

Fred Bernard illustre pour LorenzodeParis.com ma rubrique érotico-culturelle, deux fois par mois. Il y dessine des jeunes filles en fleurs, mais aussi des jeunes filles en culotte, des burgers et des fesses aux courbes alléchantes, des mains baladeuses et des bas résilles. Si vous aimez son univers, sachez qu’il vient de publier, aux Editions Delcourt, Ursula, vers l’amour et au delà. L’histoire, sous la forme d’une fable, d’Ursula, une jeune femme strip-teaseuse. On y découvre son passé tumultueux, ses épreuves, son rapport au corps, aux hommes, aux chiens, aux drogues, à la danse, à la vie. Avec beaucoup d’humour, Fred Bernard la fait discuter avec des chevaliers du moyen-âge et un fou-saltimbanque un peu alcoolo, et pourtant il en fait un personnage qui sonne vrai, une jeune femme à la fois sexy, fragile, et virile, bref une héroïne de BD « girl next door » que l’on aimerait bien rencontrer.

Ursula, vers l’amour et au-delà, de Fred Bernard, aux Editions Delcourt, 17,50€

Lalique le magnifique
A la découverte du musée en Alsace

Avec l’Afrique du Sud, la France est l’un des pays proposant le plus de variété sur son territoire en matière de paysages… Autant de régions à découvrir, avec en prime, le loisir de s’initier à la gastronomie et à la culture locales. L’Alsace est une destination à inclure dans vos prochains périples, et pas seulement pour suivre la route des vins ! Le musée Lalique vient de voir le jour en juillet dernier, dans les vosges du Nord plus précisément, et il vaut le détour.
Situé à Wingen-sur-Moder (où les créations Lalique sont toujours produites ; nous vous en reparlerons d’ailleurs très prochainement), le musée est installé sur un ancien site verrier. Un vieux bâtiment rénové sans caractère particulier de prime abord dévoile une architecture contemporaine signée Wilmotte. Un écrin particulièrement soigné. De quoi mettre en valeur un véritable trésor, dans une scénographie dominée par le noir et la lumière maîtrisée. Car René Lalique était un artiste de génie.
Bijoutier à ses débuts, il associe à l’or et aux pierres précieuses des matières jusqu’alors peu considérées comme la corne, l’ivoire, l’émail, et bien entendu le verre, auquel il donnera ses lettres de noblesse. « Mieux vaut la recherche du beau que l’affichage du luxe ». Une phrase qui résonne toujours aussi juste, et pas seulement dans la sphère des arts décoratifs…
C’est en effet la beauté de chaque objet qui frappe sur l’ensemble de collections présentées. Des lignes travaillées avec une finesse inouie, dans un flux créatif riche et constant, avec trois sources d’inspiration omniprésentes : la faune, la flore… et les femmes.
Au programmes des réjouissances : bijoux, flacons de parfums (avec un espace dédié à la superbe collection accumulée par Silvio Denz, aujourd’hui propriétaire de Lalique), arts de la table, luminaires, éléments de décoration, dessins et sculptures majestueusement imposantes (les photos de la fontaine conçue pour l’exposition universelle de 1925 et l’imposant lustre de 3 mètres de haut pesant 1,7 tonne suspendu dans le hall d’accueil – première photo- laissent pantois).
Après le décès de René Lalique en 1945, son fils Marc lui succède, reconstruisant et modernisant l’usine en grande partie détruite par la guerre. Il abandonnera le verre au profit du cristal, sublimant ainsi les contrastes entre transparence et satiné, au coeur du style Lalique. Aujourd’hui, en 2011, dans l’usine Lalique, les fours ne s’arrêtent jamais. Affaire à suivre…

Toutes les infos pratiques sur le site du musée

Photos Pascal Loperena pour LorenzodeParis.com

Que le meilleur gagne !
The Seabass : 13ème prix Fondation d'entreprise Ricard
Erwan et Ronan Bouroullec, "Clouds", 2011
Corentin Grossman, "Lolo Landscape", 2010
Erwan et Ronan Bouroullec, "Vase", 2001
Adrien Missika, "Black Sand Beach", 2011
Erwan Frotin, "Galactites Elegans", 2007
Adrien Missika,, "Standing Waves 04", 2010
Erwan Frotin, "Merlan Colère", 2007
Antoine Espinasseau & Gaétan Brunet, "Ma maison, ta maison", 2010
Loïc Raguénès, "Baiser vert", 2008

Chaque année, la Fondation Ricard récompense un des artistes présenté pour le prix Fondation d’entreprise Ricard. A l’occasion du Bal jaune, qui se tiendra le 21 octobre prochain, la récompense sera remise par un jury de collectionneurs, d’amis des musées d’art contemporains, et des commissaires des précédentes expositions du prix. Et quelle récompense, puisqu’elle consiste en l’achat de l’œuvre au lauréat, elle-même offerte par la suite au Centre Pompidou, qui la présentera parmi ses collections permanentes. Cette année, les frères Bouroullec (qui oeuvrent pourtant dans l’univers du design), Antoine Espanisseau et Gaétan Brunet, Erwan Frotin, Corentin Grossmann, Adrien Missika et Loïc Raguénès sont à l’honneur. Des artistes dont vous retrouverez les œuvres exposées du 13 septembre au 29 octobre prochain dans le cadre de cette exposition intitulée The Seabass (le bar, le poisson, allez comprendre…), avec pour commissaire Eric Troncy, co-directeur du centre d’art contemporain Le Consortium et co-fondateur de la revue Frog. L’occasion de découvrir le travail de ces jeunes figures de la scène artistique.

Consultez les informations pratiques ici !