Citadelle nouvelle génération
La gigantesque et bétonesque House Leiria surplombe la ville

Architecte : Studio ARX
Localisation : Leiria, dans la région centre du Portugal
Année de construction : 2011

Liberté ! Egalité ! Sexualité !
La chronique érotico-culturelle de Camille Emmanuelle

On vit tous, dans la vie, des petits moments de gêne, n’est ce pas ? Moi la première.
Je ne parle pas du moment où j’ai réalisé, avant un rendez-vous amoureux, que le matin je n’avais pas choisi de porter une jolie culotte de la marque Fifi Chachnil, mais un machin noir, informe, en coton, avec écrit dessus « In case of emergency, pull down ». Ni du moment où une amie, à qui je parlais amour de la gastronomie, a ouvert mon frigo et découvert un seul yaourt, périmé depuis deux semaines, une bière et des Babybels. Ni de celui où, le lendemain d’une nuit torride, je suis sortie de la salle de bain avec mon peignoir « Meetic » (souvenir d’une soirée de mon ancienne agence de com, et non cadeau gagné au bout de cent rencontres, je précise). Ni de l’expérience récente, où, en me déshabillant devant mon partenaire, j’ai réalisé que mon esthéticienne m’avait fait une épilation intime pour le moins originale. Ni triangle ni ticket de métro, mais « Tour Eiffel ». A l’envers.

Non, la gêne, il m’arrive de la voir dans les yeux de mon interlocuteur ou interlocutrice, quand, parlant de mes chroniques et de mes diverses activités, je me définis comme féministe. Comme si je venais de dire un gros mot. Ou comme si je venais de dire : « J’adore torturer des poussins, et m’en faire des manteaux de fourrure. Jaunes ».
Le féminisme est une pensée noble, progressiste, intégrant des hommes et des femmes, qui luttent pour moins de discrimination sexuelle, moins de violences faites aux femmes, et plus d’égalité et d’équité.

Je suis souvent surprise par les clichés qui circulent encore sur ce sujet. Peut être est-ce parce que les médias ne parlent que des actions spectaculaires ? Les femmes qui brûlaient leur soutien-gorge dans les années 70, celles qui défilent seins nus aujourd’hui. Or il y a plein de textes, d’hier et d’aujourd’hui, et d’actions formidables, qui n’ont rien à voir avec les nichons. J’ai quand même récemment entendu quelqu’un qui m’a dit : « T’es féministe ? Mais euh… tu portes au quotidien des escarpins, des jarretelles, et du rouge aux lèvres… » Je n’ai pas su, sur le coup, quoi répondre. Comme si c’était incompatible avec une pensée politique, comme si toutes les féministes s’habillaient en Quechua, ou comme si s’amuser avec les codes de séduction de l’ultra-féminité serait forcément une aliénation au patriarcat. Non mais allo, quoi !
J’aurais du répondre que j’étais proche des théories de Judith Butler, sur la notion de performance de genre. Constitué par la réalisation de performances, le genre « femme » (comme le genre « homme ») reste contingent et sujet à interprétation et « re-signification ». Mais bon, on était dans un bar, il était 1h du mat, ce n’était probablement pas la bonne réponse.

Ceci étant dit, je ne suis pas militante. Je suis une féministe de canapé. Je lis des essais, des articles, et discute de ces sujets avec mes proches. Mais c’est tout. Ok, parfois, alors que je suis tranquillou avec ma tisane sur mon canapé et que je lis un article qui me révolte, je lève un petit poing, Et me mets seins nus. Mais personne ne le voit, donc on s’en fout.
J’admire les personnes qui s’engagent, mais d’une part, je crains l’esprit militant, qui crée parfois une pensée normative et « réactive », et d’autre part je ne me reconnais pas dans les mouvements existants.
J’ai noté une certaine tendance, dans le féminisme actuel, de gauche, à des prises de positions moralistes, voire réactionnaires. Punir les clients des prostituées (à quand le Grenelle de la prostitution, pour vraiment parler de ce sujet de société ?), critiquer -sans la connaître- la pornographie, toute la pornographie, réagir au quart de tour dès qu’un comique fait des blagues soi disant misogynes (cf les réactions ultra-épidermiques suite aux vannes, que j’ai personnellement trouvées très drôles, de Seth MacFarlane, aux Oscars 2013).
Je lis et apprécie, entre autres, les écrits d’Elisabeth Badinter et de Virginie Despentes. Toutes deux ont des sujets et des pensées différentes (Badinter sur l’identité et récemment la maternité, Despentes sur la sexualité et la prostitution), mais elles intègrent le fait que les femmes ont gagné le droit à disposer de leur propre corps, et donc aussi de leur sexualité. Je me sens en cela plus proche des théories du « féminisme pro-sexe » (Wendy Delorme, Emilie Jouvet) que de celles du féminisme « oh-mon-Dieu-une femme-dans-une-vidéo-porno-fait-une-fellation-à-genou-elle-est-soumise-c’est-affreux ». Hum, je caricature le propos et risque de ne pas me faire de copines. Mais c’est l’idée.

Par ailleurs je défends l’égalité sociale, salariale, politique entre les hommes et les femmes, et, sans considérer les femmes comme des victimes en soi, je me révolte contre le nombre élevé de violences sexuelles faites aux femmes. Mais le féminisme, la revendication égalitaire, doit s’arrêter selon moi à la porte de la chambre à coucher.
La misogynie aussi d’ailleurs ! Le sexe entre adultes consentants est un territoire de liberté, de jeu. On peut y jouer différents rôles : domination, soumission, etc… Le fait d‘être capable de jouer ces rôles indique qu’on ne les subit pas. On les choisit. C’est libérateur. Et jouissif.

Je ne suis bien sûr pas la seule à le penser. J’ai récemment trouvé, grâce à une amie, une gourou. Youhou !
Elle s’appelle Esther Perel, c’est une thérapeute de couple et une auteur, vivant à New York. Elle est brillante, drôle, parle cinq langues et a interrogé des hommes et des femmes dans le monde entier. Plus tard, je veux être elle.
Bon, j’exagère un petit peu, mais ses écrits font du bien. Elle analyse principalement la question du désir dans la durée, du besoin de fusion et de stabilité des couples modernes, antinomique selon elle avec le désir. Et, tout en défendant l’égalitarisme éclairé, comme une des plus grandes avancées de nos sociétés modernes, elle considère qu’il peut coûter cher dans le domaine de l’érotisme.

Dans son dernier ouvrage, L’intelligence érotique, elle développe, témoignages de couples à l’appui, sa théorie. « Face à la brutale réalité de la violence, des viols, du trafic sexuel, de la pornographie à caractère infantile, des crimes de haine, nous devons être très attentifs aux abus de pouvoir qui s’insinuent dans les rapports sexuels. Mais la poétique du sexe, quant à elle, est souvent politiquement incorrecte, puisqu’elle prospère au sein des jeux de pouvoir, des renversements de rôles, des avantages inéquitables, des demandes impérieuses, des manipulations de séduction et des cruautés subtiles. » Esther : one point/politiquement correct : 0.
Elle ajoute : « Les interdits que nous respectons avec véhémence au grand jour sont souvent ceux que nous aimons transgresser dans l’obscurité. La force de l’imagination érotique, c’est de pouvoir outrepasser la raison, les conventions et les barrières sociales ». Yeaaah! Esther! You’re a winner! I love you! E-sther Présidente !
Hum. Je vais me calmer, reprendre un peu de tisane, et remettre mon soutif. Le Fifi Chachnil, pas le moche en coton qui peluche.

Au carré
Avec les foulards A piece of chic


Le made in France a la côte. Ce n’est pas pour autant que l’on va jouer l’achat chauvin. Nos choix sont basés sur le critère style-qualité-prix, quelle que soit l’origine. On pioche le meilleur partout, dans toutes les gammes de prix. Mais cela ajoute tout de même un plus, comme avec notre dernier coup de coeur : les foulards A Piece Of Chic, fabriqués dans le bastion de la soie : Lyon (même les packagings sont produits dans la région).
Car, aussi désirables soient-ils, il n’y a pas que les carrés Hermès dans la vie. Et un homme se doit d’avoir des foulards en soie dans son vestiaire : fonctionnel (la soie peut s’avérer plus chaude et beaucoup plus stylée qu’une grosse écharpe) et/ou décoratif, car A Piece Of Chic a vu juste côté motifs : les éclairs en série limitée, le damier hyper viril (symbolique des sports mécaniques en noir et blanc), et le bandana revisité 100% silk. Sooooo chic!

Carrés 50×50 cm en twill de soie, finition bourdon, 65 € sur leur e-shop (5€ de frais de port).

Sweat lips
Avec les déclinaisons pour les lèvres de la crème de huit heures d'Elizabeth Arden

La fameuse crème de huit heures ! Elizabeth Arden l’a conçue en 1933, retravaillant la formule d’un onguent qu’elle avait mis au point pour soigner les sabots de ses chevaux. Le nom est venu suite à la disparition après 8 heures d’un bobo sur le genou d’un enfant. Une crème devenue mythique, très riche, nourrissante et réparatrice.
On en a toujours un pot dans l’armoire de toilette, à dégainer en cas de peau sèche ou agressée. A faire quand vous êtes seul ou en synchronisé si vous êtes en couple, car primo, vous resterez luisant un moment, et secundo, car cette odeur presque médicamenteuse en repousse certain(e)s.
Crème de huit heures, c’est aujourd’hui une gamme de soin complète visage et corps, avec des formules retravaillée, parfois sans odeur, comme avec le nouveau baume nourrissant pour les lèvres (le tube, 20€50). Les lèvres sèches ? No way! Si elles sont vraiment gercées, essayez le baume intensif réparateur (le petit pot, 24€50) ; l’odeur a été allégée, mais reste présente. En ce qui nous concerne, cette fameuse odeur, on l’aime, et l’on garde le stick en favori (20€95).
A vous les baisers enflammés. Vous avez le choix des armes…

L’incontournable sweat gris
Votre nouveau best friend chez GAP

Les imprimés se font de plus en plus présents dans les collections masculines et c’est très bien. Nous vous en reparlerons d’ailleurs prochainement. Quoiqu’il en soit, on ne s’habille pas en print tous les jours. On se lâchera cet été, mais on n’y est pas encore.
A ce jour, s’il y a bien un indispensable que vous vous devez d’avoir dans votre garde-robe, c’est un sweat gris chiné col rond. Tout d’abord parce qu’il est adapté à la saison. Secundo car vous ne vous en lasserez pas. Et tertio car il est multi-facettes : seul avec un chino, sur une chemise blanche cravatée sous veste, avec des imprimés justement pour calmer l’ensemble. Que vous soyez preppy, casual ou plus minimaliste, ça va marcher.
Nous cherchions notre chemise en jean idéale la saison dernière et l’avions trouvée chez GAP (elle n’est plus dispo, mais ils en ont une autre plus dark ici). Idem cette fois-ci : il est parfaitement coupé (pas trop large) et est doublé de rouge, ce qui lui donnera du caractère quand vous le porterez manches retroussées.

34,95 € dans les boutiques GAP (points de vente au 01 53 89 23 00) et disponible sur l’eshop européen (c’est en anglais, mais ils livrent en France)