Dior
Dior
Dior
Wooyoungmi
Wooyoungmi
Wooyoungmi
Boris Bidjan Saberi
Tilmann Lauterbach
Hermès
Hermès
Hermès
AMI Alexandre Mattiussi
AMI Alexandre Mattiussi
AMI Alexandre Mattiussi
Kris Van Assche emporte Dior à contre-courant de la tendance amplitude et générosité avec ses silhouettes affutées sous influence « spaceship » : costumes et manteaux zippés, sanglés à la taille, à col Mao très martial, tous taillés au plus près du corps. Allure longiligne accentuée par les empiècements bi-matières verticaux. Rigueur de la palette : noir et blanc, gris, bleu pétrole et une rayure tennis marine à fine rayures rouges, qui vire au violacé à distance. Revue des troupes en bonne et due forme avec les costumes et pulls emblasonnés d’un imposant triangle calé dans un rond. Gattaca s’installe avenue Montaigne.
Les deux soeurs coréennes Woo Youngmi et Woo Janghee font un travail remarquable. En à peine plus de 10 ans, elles ont su construire une très belle marque. Parfaite maîtrise technique de la coupe, judicieux choix de matières, influences renouvelées, Wooyoungmi incarne les valeurs justes de ce qu’un label « designer » doit offrir aujourd’hui : de la création réaliste.
La collection de l’hiver prochain est riche. Riche d’idées et de propositions efficaces pour updater un vestiaire contemporain. Coup de coeur pour les motifs géométriques matelassés ; blousons, vestes et manteaux prennent dans les deux sens du terme une autre dimension. Superbes aussi les versions à blocs de couleurs contrastés. Gris, marine, camel pour rassurer, moutarde, bordeaux, vert sapin et bleu électrique pour oser. Complet et abouti.
On retrouve toujours chez Boris Bidjan Saberi cette esthétique brute, ce mood warrior urbain. Matières patinées, vieillies, froissées pour renforcer l’aspect vécu. Absence de couleurs pour imposer une certaine rigueur. Coupes et empiècements non conventionnels pour perturber les habitudes… Mais ne vous laissez pas impressionner par ce feeling d’inaccessibilité. Car si le total look est réservé aux aficionados, comme chez Rick Owens, de très nombreuses pièces prises indépendamment sont parfaitement appropriables : les excellents blousons de cuir, les pantalons fittés à fourche légèrement abaissée, les manteaux coupés en biseaux, les parkas tech à bandes soudées contrastées pour protéger un costume (oui, un costume !)… Strong & stylé.
Allure arty-confortable chez Tillmann Lauterbach. Manteaux gris pâle à subtil quadrillage pointilliste ou dézipable en blouson, tuniques et pulls à col camisole, costumes et pardessus noués comme des blouses de laboratoire, belle maille irlandaise revisitée.. Le tout porté sur pantalons droits ou larges à plis décalés, cassant sur les baskets. Mention spéciale « nouvelle élégance » pour la dernière silhouette : une veste sans manche à col chemise, retenue par deux griffes de métal. Cool, réaliste et inventif à la fois. Epuré sans tomber dans le minimalisme. Une garde-robe d’artiste inspiré, mais pas tourmenté.
Evolution dans la continuité chez Hermès. Valérie Nichanian propose un vestiaire urbain, sage et rassurant. Viennent réveiller les coupes classiques et l’anthracite majoritaire quelques éclairs de belles couleurs et les éléments d’inspiration sports d’hiver : grosses chaussures de randonnées et néo-pulls de skieurs. Les passages les plus « osés » : le pantalon de jogging sous veste de costume et le luxe affiché d’un caban d’astrakan, d’un pull de vison rasé ou d’un gilet de croco zippé. Un peu de fantaisie ; point trop n’en faut.
Alexandre Mattiussi est doué. Car c’est un réel talent de proposer des silhouettes tout à fait réalistes, basées sur des éléments déjà connus du vestiaire classique masculin, et qui font toutes plus envie les unes que les autres.
AMI, c’est une allure, celle du parisien dans le vent : il sait capitaliser sur un beau costume croisé, sur un pardessus, légèrement oversized (comme les pantalons à pinces d’ailleurs), mais casse le côté trop formel avec des baskets ou des brogues, du jean, accessoirise le tout d’un bonnet ou d’une casquette. Marine, gris, noir et camel light pour être bien en phase avec la réalité, du rouge et du vert émeraude pour booster l’ensemble, et un chevron récurrent, imprimé, en maille ou tissé, comme une touche ethnique simplifiée. Une nonchalante élégance qui vise juste.