Un beau sac d’homme intemporel
Choisissez dans la collection Double Stripes de Tod's

Banquier ou créatif, peu importe, nous sommes de plus en plus nombreux à devoir trimballer avec nous un ordinateur portable. D’où la nécessité d’avoir un sac. Mais pas n’importe lequel.
Quitte à se faire plaisir, autant trouver un très beau modèle en cuir, au design sobre et intemporel, qui vous accompagnera au fil des rendez-vous… et des années. C’est d’un achat-investissement dont il s’agit.
En haut de notre wishlist, les créations Tod’s. Pas de logo, mais une signature reconnaissable des connaisseurs : les deux bandes de cuir, qui donnent d’ailleurs leur nom (en anglais) à toute la collection Double Stripes.
9 modèles, du porte-document au sac week-end en passant par le messenger bag, 6 couleurs de cuir, et des finitions irréprochables. Vous pouvez même personnaliser votre élu en choisissant parmi 12 teintes la couleur de vos deux bandes.

De 695 à 1 500 € pour les modèles en cuir de veau grainé. Certains sont en vente sur l’eshop Tod’s.
La boutique principale est située au 17, rue du Faubourg Saint-Honoré (01 53 43 16 16).
Vous y découvrirez les modèles en croco si vous gagnez au Loto. Tous les points de vente ici.

Choc thermique
Le froid sensuel du Beau Mâle de Jean-Paul Gaultier

Non, il ne s’agit pas d’un parfum de niche et oui, même s’il est en avant-première jusqu’au 18 mars aux Galeries Lafayette, vous le trouverez un peu partout ensuite. Mais celui-ci vaut le coup que l’on se penche sur son cas. D’abord pour ses antécédents : que vous l’ayez porté ou pas, vous connaissez tous les effluves du Mâle de Gaultier (18 ans déjà !). Mais ce « Beau Mâle » est bien plus qu’une simple déclinaison. La maison a fait une nouvelle fois appel au talent du nez Francis Kurkdjan (on lui doit le dernier Carven pour femme, dont nous vous avons récemment parlé) pour concevoir un nouveau sillage. Toujours de la sensualité, mais nouvellement incarnée.
Du froid qui vibre chaud. Paradoxal, mais c’est l’effet : une fraîcheur non conventionnelle qui émoustille les sens.
De la lavande toujours, de la menthe, mais aussi de l’armoise, l’herbe de feu, l’un des principaux ingrédients de l’absinthe (une plante cousine d’ailleurs), inventée en 1792 par un médecin et qui fût détournée à des fins plus sulfureuses. Les muscs viennent soutenir l’ensemble et doper le quotient « torride ».
Une nouvelle stimulation des sens. Attention, ça peut déraper !

78 € le vaporisateur 125 ml

Fashion week de Paris – dernier jour
Saint Laurent, Lanvin, Paul Smith, Thom Browne
Saint Laurent
Saint Laurent
Saint Laurent
Saint Laurent
Saint Laurent
Lanvin
Lanvin
Lanvin
Paul Smith
Paul Smith
Paul Smith
Thom Browne
Thom Browne
Thom Browne

La clôture de la saison prend des allures de coup de théâtre avec le dernier défilé, le plus attendu : Saint Laurent par Hedi Slimane. Rock rocks, and nothing else !
Slimane fait défiler sur membres de groupes de musique inconnus à l’androgynie déroutante (et quelques mannequins filles) la garde-robe complète d’un étudiant aspirant rock star. Le vintage a décidément la côte, car après Miuccia Prada et Raf Simons, c’est donc un autre créateur parmi les plus respectés qui enfonce le clou, mais beaucoup plus fort, car tout ici est littéral. Jeans déchirés et pantalons de biker en cuir ultra skinny, perfecto, teddy, caban, duffle coat, grosses mailles loose, longues écharpes, chemises écossaises… Pas de véritable création, rien n’est réinterprété, à part les hybrides de capes ou une veste de smoking à fin col châle en cuir clouté.
Reprendre le passé pour envisager l’avenir ? Rebel attitude ? Fuck la mode, le luxe !?! Le débat est ouvert.
Un parti-pris radical en tout cas. Shocking ? Très Saint Laurent finalement… polémiquement parlant.

Chez Lanvin, Lucas Ossendrijver poursuit son travail de destructuration-restructuration du vestiaire masculin dans les coupes, les volumes, les matières et les associations. Il s’éloigne du vocabulaire commun et crée sa propre grammaire. C’est fort visuellement et louable sur le principe (on préfère évidemment ça à des poncifs sans input créatif), mais cela devient nettement moins fédérateur car très « pointu ». Il faut oser la maxi-veste à épaules tombantes, la parka oversized, le manteau boule en cuir, les chemises transparentes… Mais ce sont des propositions de podium. Rendez-vous en boutique.

Paul Smith a la pêche et cela fait plaisir à voir. Les couleurs claquent, les motifs et les imprimés vibrent, les pulls se lâchent : on mix & match en mode happy. Le pied de coq n’aura jamais été aussi fun, le tacheté multicolore donne envie de se mettre à la peinture, la maille fourrure a des airs cartoonesques… L’hiver en mode anti-morosité !

Thom Browne a toujours une vision très carrée, au sens figuré, mais aussi au sens propre cette fois-ci : tout est taillé à angles droits. C’est absolument importable, mais l’on est habitué : Thom Browne envisage ses défilés (et ceux de Moncler) comme des performances, des happenings inspirationnels. Particulièrement couture cette saison ; la travail sur les matières est impressionnant. Deux thèmes : les surpiqûres, matelassages et motifs inspirés des quilts, ces couvre-lits composés de chutes de tissus assemblées, et le Prince de Galles remixé. Pour le reste, à vous de deviner ce que cela pourrait donner taillé en vrais vêtements.

Une dernière journée haute en couleurs.
C’était globalement calme à Milan. Pour la pure mode, intense, c’est bien à Paris que ça se passe !

Fashion week de Paris-jour 4
Dior, Wooyoungmi, Boris Bidjan Saberi, Tillmann Lauterbach, Hermès
Dior
Dior
Dior
Wooyoungmi
Wooyoungmi
Wooyoungmi
Boris Bidjan Saberi
Boris Bidjan Saberi
Boris Bidjan Saberi
Tilmann Lauterbach
Tilmann Lauterbach
Tilmann Lauterbach
Hermès
Hermès
Hermès
AMI Alexandre Mattiussi
AMI Alexandre Mattiussi
AMI Alexandre Mattiussi

Kris Van Assche emporte Dior à contre-courant de la tendance amplitude et générosité avec ses silhouettes affutées sous influence « spaceship » : costumes et manteaux zippés, sanglés à la taille, à col Mao très martial, tous taillés au plus près du corps. Allure longiligne accentuée par les empiècements bi-matières verticaux. Rigueur de la palette : noir et blanc, gris, bleu pétrole et une rayure tennis marine à fine rayures rouges, qui vire au violacé à distance. Revue des troupes en bonne et due forme avec les costumes et pulls emblasonnés d’un imposant triangle calé dans un rond. Gattaca s’installe avenue Montaigne.

Les deux soeurs coréennes Woo Youngmi et Woo Janghee font un travail remarquable. En à peine plus de 10 ans, elles ont su construire une très belle marque. Parfaite maîtrise technique de la coupe, judicieux choix de matières, influences renouvelées, Wooyoungmi incarne les valeurs justes de ce qu’un label « designer » doit offrir aujourd’hui : de la création réaliste.
La collection de l’hiver prochain est riche. Riche d’idées et de propositions efficaces pour updater un vestiaire contemporain. Coup de coeur pour les motifs géométriques matelassés ; blousons, vestes et manteaux prennent dans les deux sens du terme une autre dimension. Superbes aussi les versions à blocs de couleurs contrastés. Gris, marine, camel pour rassurer, moutarde, bordeaux, vert sapin et bleu électrique pour oser. Complet et abouti.

On retrouve toujours chez Boris Bidjan Saberi cette esthétique brute, ce mood warrior urbain. Matières patinées, vieillies, froissées pour renforcer l’aspect vécu. Absence de couleurs pour imposer une certaine rigueur. Coupes et empiècements non conventionnels pour perturber les habitudes… Mais ne vous laissez pas impressionner par ce feeling d’inaccessibilité. Car si le total look est réservé aux aficionados, comme chez Rick Owens, de très nombreuses pièces prises indépendamment sont parfaitement appropriables : les excellents blousons de cuir, les pantalons fittés à fourche légèrement abaissée, les manteaux coupés en biseaux, les parkas tech à bandes soudées contrastées pour protéger un costume (oui, un costume !)… Strong & stylé.

Allure arty-confortable chez Tillmann Lauterbach. Manteaux gris pâle à subtil quadrillage pointilliste ou dézipable en blouson, tuniques et pulls à col camisole, costumes et pardessus noués comme des blouses de laboratoire, belle maille irlandaise revisitée.. Le tout porté sur pantalons droits ou larges à plis décalés, cassant sur les baskets. Mention spéciale « nouvelle élégance » pour la dernière silhouette : une veste sans manche à col chemise, retenue par deux griffes de métal. Cool, réaliste et inventif à la fois. Epuré sans tomber dans le minimalisme. Une garde-robe d’artiste inspiré, mais pas tourmenté.

Evolution dans la continuité chez Hermès. Valérie Nichanian propose un vestiaire urbain, sage et rassurant. Viennent réveiller les coupes classiques et l’anthracite majoritaire quelques éclairs de belles couleurs et les éléments d’inspiration sports d’hiver : grosses chaussures de randonnées et néo-pulls de skieurs. Les passages les plus « osés » : le pantalon de jogging sous veste de costume et le luxe affiché d’un caban d’astrakan, d’un pull de vison rasé ou d’un gilet de croco zippé. Un peu de fantaisie ; point trop n’en faut.

Alexandre Mattiussi est doué. Car c’est un réel talent de proposer des silhouettes tout à fait réalistes, basées sur des éléments déjà connus du vestiaire classique masculin, et qui font toutes plus envie les unes que les autres.
AMI, c’est une allure, celle du parisien dans le vent : il sait capitaliser sur un beau costume croisé, sur un pardessus, légèrement oversized (comme les pantalons à pinces d’ailleurs), mais casse le côté trop formel avec des baskets ou des brogues, du jean, accessoirise le tout d’un bonnet ou d’une casquette. Marine, gris, noir et camel light pour être bien en phase avec la réalité, du rouge et du vert émeraude pour booster l’ensemble, et un chevron récurrent, imprimé, en maille ou tissé, comme une touche ethnique simplifiée. Une nonchalante élégance qui vise juste.

Fashion week de Paris – jour 3
Givenchy, Krisvanassche, Cerruti, Berluti
Givenchy
Givenchy
Givenchy
KrisVanAssche
KrisVanAssche
KrisVanAssche
Cerruti
Cerruti
Cerruti
Berluti
Berluti
Berluti

Après avoir transcendé la part de féminité que chaque homme porte en soi la saison dernière avec la soie, la mousseline ou l’organza, Riccardo Tisci revient à une allure plus mec chez Givenchy. Aucun kilt, aucune couleur pour l’hiver prochain : gris, noir et blanc only. De quoi souligner les coupes, d’autant plus nettes et graphiques que les cols ont été supprimés et les coupes tailoring soulignées de gros zips. Même le duffle coat perd sa capuche, et par la même sa connotation bourgeoise, traité en cuir et laine feutrée. Le noir joue les contrastes mat-brillant sur les tweeds rugueux, mariés au cuir sur les perfectos et blousons de bikers. Travail couture « ultra-butch » avec les blousons et sweats à empiècements lacés comme des gants de baseball. L’imprimé de la saison donne dans l’imagerie à la Mapplethorpe, célébrant le corps et la sexualité… Doudounes nouées à la taille en gimmick : Riccardo Tisci couvre ainsi tout le spectre de ses influences, la rue, l’esprit tailleur et le sportswear.
Toujours aussi fort visuellement, moins « précieux », plus facile à s’approprier.

Cela fait un moment que le costume n’est plus codifié comme symbole d’appartenance à certains milieux (sociaux ou professionnels). Moins guindé, moins formel, il a retrouvé les faveurs des plus jeunes générations.
Fervent défenseur du mix tailoring/streetwear, Krisvanassche pousse cette saison la proposition jusqu’à la fusion. Et cela fonctionne très bien : costume tranché sur le buste de sweat à lettrage « US college », veste à haut de sweat capuche, haut de veste, de sweatshirt ou de pull irlandais à bas de chemise… Les déclinaisons sont multiples, avec un coup de coeur pour les assemblages enchaînant de haut en bas chemise blanche, à rayures, écossaise, puis deux bandes de sweat. La fusion en mode « non tranché » se poursuit avec les les pantalons de ville élastiqués à la taille et aux chevilles comme les joggings, les dos de veste brodés d’aigles comme sur les teddy américains ou le pardessus droit à capuche bordée de fourrure. Ludique, original, pêchu.

Excellente prise en main de Cerruti par Aldo Maria Camillo. La vision est claire est nette.
L’ADN de Cerruti : les tissus. Aldo Maria Camillo en fait les vedettes. Et ce grâce à un travail de reconception des coupes, tout en épure et subtilité. Rien ne semble complètement nouveau, mais rien n’est comme avant.
Les manteaux sont allongés pour étirer la silhouette, contrastant avec les pantalons à plis bien marqués, coupés net et haut sur la cheville, l’épaule raglan emprunte à la coupe des sweatshirts, la maille prend le dessus pour éviter une allure trop formelle : pull tee-shirt et pull à col de chemise. Aucun imprimé (seuls deux passages à petits carreaux), la palette sobre et étudiée marie adroitement bleu nuit, bleu-vert, vert bouteille, bordeaux, les bruns, le camel, au gris et au noir, pour mieux mettre en avant la trame des tissus, leur tombé : souplesse d’une veste cardigan versus l’aplomb d’un imper cocon. Parfaitement calibré, très bien pensé pour Cerruti. Aldo Maria Camillo donne une leçon d’élégance contemporaine. S’en dégage un sentiment d’assurance que l’on se doit de féliciter pour une première collection. Bravo !

Troisième collection pour Alessandro Sartori chez Berluti. En hommage au passé de la maison, mais aussi pour s’en détacher, pour avancer, la présentation avait symboliquement lieu dans la grande galerie de l’évolution du musée d’histoire naturelle. Car la marque n’est plus ce qu’elle était : Berluti se veut aujourd’hui comme une proposition de luxe globale au masculin. Les chaussures toujours, bien évidemment, avec la naissance du 51ème modèle dans la généalogie maison, les vêtements, mais aussi les sacs et la petite maroquinerie, avec comme point commun ce travail exclusif sur les matières : cuirs patinés, waxés, perforés, cachemire piqué d’angora pour un effet gratté/moucheté, alpaca ciré… Et toujours cette riche palette sublimant les textures des matériaux. Costume trois pièces à l’honneur, borsalinos, manteaux ceinturés comme des peignoirs, trenchs de cuir vieilli doublé cachemire, parkas de toile et fourrure rasée : l’influence rétro-cinématographique est perceptible dans l’allure. Notre élégant des villes peut aussi passer en mode baroudeur… de luxe of course !