Acne
En direct de Paris - défilés Automne Hiver 2012/2013

Si la marque suédoise s’est fait connaître avec ses jeans premium, elle amorce depuis plusieurs saisons une stratégie de développement à l’international basée sur une image plus créateur.
Le jean est d’ailleurs absent du défilé, avec juste un clin d’oeil sur un haut de pantalon en denim effiloché.
Le reste se veut très (trop ?) podium : vestes et manteaux oversized à épaules tombantes, jeux de longueurs en superposition sur les manches et les jambes (l’assemblage pantacourt sous le genou sur pantalon court sur chaussettes blanches vous tente-t-il ?).
Du noir pour toute la première partie du défilé. La couleur s’immisce avec les accessoires pour ensuite s’emparer des silhouettes en multi-mix : veste aubergine + pull bleu canard + chemise outremer + pantalon kaki + chaussures rouille (des hybrides de chaussures de ville en cuir brillant à semelles de baskets).
On retiendra les mailles mohairs pastels et les blousons courts, portés en superpositions eux aussi, sur veste ou pull longs. Of course, c’est l’une des tendance de la saison. Et Acne veut être tendance.

Photos Imaxtree

Arnys
en direct de Paris - défilés Automne Hiver 2012/2013

Les plus beaux mannequins du moment, comme chez les grands, et même une star du mannequinat masculin pour le dernier passage, Lars Burmeister, extrêmement rare sur les podiums.
De quoi se faire remarquer pour une marque inconnue du grand public, un tailleur établi depuis 1933, emblématique d’un chic Rive Gauche apprécié de certains initiés (de Jean Cocteau à André Gide).
L’homme Arny’s a l’élégance hors mode, légère, bourgeoise, mais pas coincée. Il aime le tweed, le velours, le cachemire et les flanelles, mais a suffisamment d’assurance pour jouer avec les couleurs, sans jamais sacrifier son confort. Amplitude et souplesse, même sur les cuirs. Chez Arny’s, la manche a son aisance, à l’instar de l’intéressant manteaux à manches presque kimono.
Louable comme démarche de vouloir mettre Arnys sous le feux de projecteurs du calendrier des défilés parisiens, avec une très bonne stratégie de communication, mais la proposition reste segmentante. On n’imagine pas un seul des mannequins s’habiller de la sorte. Et c’est là tout le challenge pour renouveler la clientèle : Arny’s saura-t-elle attirer les moins de 40 ans qui n’habitent pas du côté de Saint Germain ?

Photos Imaxtree

Paul Smith
En direct de Paris - défilés Automne Hiver 2012/2013

La mer en toile de fond du défilé Paul Smith. La mer marine et ses nuances de bleus les plus sombres car il s’agit d’une collection hiver.
Une proposition très réaliste, facile à porter, facile à vendre, sans élan trop fashion. De quoi satisfaire les (nombreux) clients à travers le monde.
C’est le propre de Paul Smith : entretenir son image de créateurs de vêtements, toujours twistés de cette note de fun britannique (le chandail jacquard à motif écrevisse plutôt qu’étoile de neige, l’imprimé méduses phosphorescentes -qui ont sans doute inspiré les éclairs fluo).
Car si l’homme est farceur (il vous dégaine un nez de clown de sa poche en moins de deux), il est aujourd’hui à la tête d’une empire comptant une douzaine de lignes différentes, s’étendant aux parfums, aux montres, jusqu’à une galerie d’antiquités à Londres.
Le navire a bien les pieds sur terre.

Photos Imaxtree

Lanvin
en direct de Paris - défilés Automne Hiver 2012/2013

Sans conteste la meilleure collection de la saison.
Tout ce que l’on attend d’une maison de luxe mode aujourd’hui : de vrais vêtements, créatifs, suscitant l’envie, et que l’on ne saurait trouver ailleurs. Une synthèse rare et exceptionnelle. Extrêmement inspirante.
Le stylisme (la façon de constituer les looks) et l’accessoirisation servent le défilé à merveille.
Les silhouettes redéfinissent l’allure de façon particulièrement actuelle, remixant les codes pour mieux intégrer les nouvelles façon de s’habiller.
Regardez le dernier look : pantalon cigarette satiné sur baskets, doudoune sur veste queue de pie, pull sur chemise à col cassé et fine cravate. Loin des associations habituelles, un look parfait pour sortir chic sans être guindé. On aime aussi le manteau en cachemire double face coupé bords-francs à empiècements bombers en trompe l’oeil.
Une concentration d’idées parfaitement exécutées, avec une richesse de détails et de matières qui laisse pantois. Et de l’humour : le retour de l’attaché-case ? Ultra-fin sur les premiers passages, il donne une nouvelle vision du working boy.
Focus sur les épaules, que l’on déteste lorsqu’elles sont tombantes. Ici, c’est l’ensemble des proportions qui est revu avec brio : l’épaule est ronde, près du corps ou soufflée jusque sur le bras pour amorcer le volume à l’arrière.
Les baskets Lanvin, parmi les premières à s’imposer sur le créneau du sneaker de luxe, prennent un nouveau tournant, inspirées par les bottes de motard, en phase avec les blousons de biker, portés sur pantalons de ville of course (pas de jean en vue, c’eut été trop facile).
Du Lanvin puissance vingt. Tant à dire… Génial !

Photos Imaxtree

Hermès
en direct de Paris - défilés Automne Hiver 2012/2013

Hermès est l’une des plus belles maisons de luxe au monde. C’est un fait.
Valérie Nichanian entretient la flamme d’une mode hors modes. Hermès = valeur sûre. Ok.
L’allure est tout à fait contemporaine, rien d’old school : lignes fines et confortables. On se voit bien porter la majeure partie des looks (c’est juste une question de moyens). On aime le blouson biker en feutre à col de peau lainée, le pull camionneur zippé en diagonale à empiècement de cuir sur le haut du dos, les pulls en soie imprimée Fumée (sûrement un bonheur à porter à même la peau), les faux noirs des costumes.
Hermès, ou le luxe des plus beaux tissus, des plus belles laines et des plus belles peausseries. On le sait.
Costume en « veau sport » ET chemise en « agneau gomme » ? Blouson en astrakan ? Gilet en « babylamb réglisse » sur pantalon de cuir ? Pourquoi donc persister sur ce focus cuirs et peaux, exacerbé cette saison par l’usage appuyé du crocodile : en ceinture, bien sûr, mais aussi en manteau, en pantalon, en blouson et même en chemise. Oui, en chemise, car il ne s’agit pas de n’importe quel peau de croco. Hermès l’a baptisée « crocodile chiffon » (mousseline en anglais), ou comment faire rimer crocodile avec souplesse et finesse. Ce n’est pas donné à tout le monde, certes. Ne serait-ce pas un peu bling au final ?
Les coupes sont justes. Mais le luxe appelle la créativité, pas seulement le savoir-faire.

Photos Imaxtree