Louis Vuitton
En direct de Paris - défilés Automne Hiver 2012/2013

Seconde collection de Kim Jones pour Louis Vuitton homme sous la direction de Marc Jacobs, assis au premier rang et expliquant la collection à Antoine Arnault, parti prendre la direction de Berluti (rendez-vous samedi).
Une collection pour gentleman traveller respirant le luxe dans le choix des matières et la richesse des détails. L’inspiration : un dialogue imaginé entre Paris et Tokyo. Meilleure interprétation : les chemises kimono donnant l’impression de gilets portés sur chemises classiques. Une excellente idée qui devrait faire son chemin… Un vrai booster d’allure.
Le croco est traité façon nubuck sur les blousons, les chaussures, et même les coudières des parkas. Clin d’oeil à la bagagerie maison, dont les fermoirs sont repris sur les blousons et parkas de soie. Virage sport avec les modèles en tissu technique réfléchissant. Coup de coeur pour les manteaux-peignoirs en plaids et leurs écharpes assorties, piquées d’épingles flèches à plumes (que l’on retrouve d’ailleurs en version mini sur les oreilles des mannequins).
Cerise sur le gâteau pour doper l’humeur confiante : l’excellente bande-son mixée par Giorgio Moroder himself. En prenant le micro pour lancer le show, le pape de la disco a déclenché la première salve d’applaudissements… pas la dernière, réservée à la collection.

Photos Imaxtree

Rick Owens
En direct de Paris - défilés Automne Hiver 2012/2013

Qu’est-ce que cela donne lorsque Rick Owens se penche sur les classiques du vestiaire formel masculin ? Du non conventionnel, bien sûr.
Leitmotiv du show : les pantalons à pinces, taille très haute et fourche très basse (déclinés en larges shorts, portés sur collants opaque – c’est tout de même une collection d’hiver). Portés sur de grosse baskets à semelle épaisse, pas de chaussures de ville en vue. Mention spéciale pour les modèles à drapé basculant sur la hanche.
Tout est réinterprété dans les détails et les proportions : les vestes croisées un bouton sont courtes, leurs boutons ne sont pas placés en bout de manche, le pan arrière est fendu haut sur les reins. Les tissus aussi jouent aussi le décalage : satin, mohair duveteux, laine pelucheuse pour les vestes et manteaux.
Les doudounes sortent en version XXL cocoon à épaules arrondies.
Coup de coeur pour les blousons en daim grège bardé de cuir noir ou en peau lainée à col écharpe.
Que les fidèle ses rassurent : si Owens s’éloigne de ses codes, il n’a pas éliminé les jupes de sa proposition. Il se renouvelle sur un registre inattendu, prenant ainsi de la distance avec les créateurs adeptes de la veine qu’il a forgée.

Photos Imaxtree

Présentation AMI, Alexandre Mattiussi
en direct de Paris - défilés Automne Hiver 2012/2013

La formule fonctionne toujours aussi bien pour AMI : un vestiaire simple et sans esbrouffe, pas de défilé, mais une présentation sur mannequins et « amis » se mélangeant aux invités, cette fois-ci dans un bel appartement haussmannien mis à nu. Dixit Alexandre Mattiussi : « une histoire de mecs qui nous ressemblent. »
« On embarque le labrador dans la Range Rover et on file avec les potes dans la maison de campagne des parents »… Bon, on n’a pas tous la Range, ni le labrador, mais on comprend bien l’esprit !
Au-delà de codes BCBG twistés en mode cool, Mattiussi donne un peu plus de piquant à sa proposition avec les tee-shirts à imprimé barbu en fleurs ; fleurs que l’on retrouve d’ailleurs en couleur sur un pantalon ou un sweat-shirt (« pas pour faire mode, mais pour s’amuser »).
Coup de coeur pour les peaux lainées et les manteaux en lainage écossais axé imperméable. Efficace.

Photos Imaxtree

John Lawrence Sullivan
en direct de Paris - défilés Automne Hiver 2012/2013

John Lawrence Sullivan n’est pas une marque éponyme puisque derrière cette griffe se cache le japonais Arashi Yanagawa. Le designer a d’abord été boxer professionnel et Monsieur Sullivan est considéré comme le premier champion du monde de boxe poids lourds de la fin du XIXème siècle. D’où ce choix.
Une reconversion réussie puisque le propos est cohérent et s’inscrit parfaitement dans les courants majeurs de la saison. Les couleurs tout d’abord : le bleu-vert, stars de la saison, du marine, de l’ocre, du parme et du marine. De la très grosse maille. Des sous pulls sous les chemises. Et du tailoring. Qu’Arashi envisage avec sa propre patte : focus épaules, très carrées ou pagode. Dans sa veine habituelle, il mixe rayures et carreaux, mat et brillant, vestes fittés sur pantalons extra-larges.
Un cocktail fort et bien dosé, euphorisant comme son créateur, venant saluer avec une mine réjouie communicative et rare dans le milieu. Happy soit la fashion !

Photos Pascal Loperena

Mugler
En direct de Paris - défilés Automne Hiver 2012/2013

Evolution intéressante chez Mugler. Si les deux premiers défilés homme misaient à fond sur la mise en scène et le stylisme, mettant presque le vêtement en second plan, ce troisième opus livre la meilleure collection du duo Nicola Formichetti & Romain Kremer.
On retrouve l’esprit et l’énergie historiques de Mugler, sans aucune réinterprétation littérale, avec une richesse de proposition mariant audace et viabilité. Le costume est à l’honneur, affuté à la Mugler ou retravaillé avec une épaule massive, mais arrondie, que l’on retrouve d’ailleurs sur les blousons et les manteaux sans cols, savamment coupés.
Si Formichetti déclare être allé chercher l’inspiration du côté des uniformes militaires, c’est bien l’écho super héros que l’on ressent comme influence (très en phase avec l’ADN maison).
Effets de capes et de demi-capes, plastrons de chemises allongés en tablier, matières métallisées, jacquards de soie en all-over : Mugler n’a jamais été pour les timides. Une nouvelle façon d’envisager l’allure nightlife, théâtrale, formelle à sa façon : jeans et tee-shirts restent au placard : on s’habille pour sortir ! Visuellement fort et cohérent.
Les teddys à manches vernies que portaient Formichetti et Kremer au final raviront les acheteurs.

Photos Imaxtree